Cours de philosophie

Programme de terminale

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Cubisme et abstraction

La deuxième grande direction de l'art contemporain est la tendance à l'abstraction, ou plus exactement à l'art non figuratif (certains critiquent le mot d'art abstrait en disant qu'une toile abstraite est tout à fait concrète).

Or le cubisme est en grande partie à l'origine de ce mouvement. Peut-être qu'en lisant le mot cubisme vous songez aussitôt à Picasso. Mais le véritable précurseur du cubisme (et de l'abstraction en général) est Paul Cézanne.

Montagne Sainte Victoire

A travers ses œuvres (ici la Montagne Sainte-Victoire), Cézanne a cherché à réaliser des toiles impressionnistes mais qui aient l'équilibre et l'harmonie des grandes œuvres classiques. Il a donc progressivement renoncé à l'exigence réaliste, qui était encore à l'œuvre dans l'impressionnisme, pour rechercher une beauté purement formelle de l'image.

Pablo Picasso a poursuivi cette évolution vers le cubisme. Dans un premier temps, cela signifie la défragmentation, la déconstruction de l'image pour la présenter sous de multiples points de vue.

Avignon

Picasso, Les Demoiselles d'Avignon, 1907

Violon

Le cubisme peut être également utilisé pour tenter de rendre le mouvement (les peintres sont en compétition avec le cinéma naissant !), une préoccupation que l'on retrouve dans le mouvement futuriste.

Nu descendant un escalier

Marcel Duchamp, Nu descendant un escalier

Kandinsky est aussi l'un des premiers peintres à réaliser une toile carrément non figurative. Il a cherché à créer un langage purement pictural pour exprimer des émotions avec les formes et les couleurs, c'est-à-dire faire en peinture ce que l'on a toujours su faire en musique. (Eh oui au fond, quand on y pense, la musique est le premier art abstrait !)

Kandinsky

Kasimir Malevitch a réalisé une toile qui constitue en quelque sorte le point culminant de l'art abstrait (ou en tout cas d'une certaine tendance) : le fameux Carré blanc sur fond blanc, dont le titre est déjà révélateur :

Carre blanc

Mais l'abstraction n'est pas une fin en soi, elle consiste à libérer les possibilités picturales pour dire quelque chose, pour parler librement en quelque sorte. Nathalie Sarraute fait le parallèle avec le roman : de la même manière que les cubistes ont libéré l'élément pictural du carcan de la forme réaliste, les romanciers doivent libérer l'élément narratif et littéraire (en un mot le langage) du carcan de la forme figée des personnage réalistes, avec leur psychologie cohérente, etc. C'est le courant du nouveau roman (années 60) qui a essayé de réaliser ce programme ambitieux, avec d'ailleurs un écho dans le public parfois comparable à celui qu'ont rencontré les toiles abstraites.

Mais précisément, on peut utiliser l'abstraction pour faire quelque chose. C'est-à-dire y voir un moyen plutôt qu'une fin. Dans cette voie se sont engagés les peintres suivants : l'américain Mark Rothko :

Rothko

Yves Klein a travaillé sur les couleurs. Par un véritable travail de chimiste il a créé de nouvelles couleurs, comme le bleu Klein que l'on peut observer sur ce monochrome :

Klein

Pierre Soulages, peintre français contemporain, s'inspire de la tradition orientale et s'intéresse beaucoup aux effets de lumière sur la simple couleur noire :

Soulages

Soulages noir

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