Cours de philosophie

Programme de terminale

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L'expressionnisme

Le troisième grand courant artistique de la modernité, avec le fauvisme et l'abstraction, est l'expressionnisme.

Ici il s'agit, comme son nom l'indique, d'exprimer des sentiments par la déformation des formes et l'exagération des couleurs. On retrouve ce courant dans le cinéma, notamment le cinéma allemand des années 20 et 30, mais encore aujourd'hui (chez Gus Van Sant par exemple).

Les deux grands expressionnistes du XIXe siècle sont le néerlandais Vincent Van Gogh et le norvégien Edvard Munch. Mais ce courant aussi a des précurseurs plus anciens, notamment Le Greco :

Tolède

Que dites-vous de ça ? Quel ciel ! Personnellement l'expressionnisme me stupéfie. Il faut un véritable coup de génie pour exprimer tant de choses dans de simples formes...

Le Cri de Munch est peut-être le tableau expressionniste le plus connu :

Le Cri

A travers son œuvre entier, Van Gogh a cherché à exprimer certaines émotions, et parfois la réalité profonde de la nature et des choses.

Oliviers

Ainsi, dans ces oliviers on peut voir une tentative d'exprimer la convulsion générale qui traverse l'ensemble des créatures vivantes.

Paysage oliviers

Ne voit-on pas vibrer et se tordre tous les êtres vivants à l'unisson ? Et même le monde minéral : voyez ces nuages et ces montagnes...

Paysage cyprès

L'écrivain Antonin Artaud, mais aussi Van Gogh lui-même, dans ses lettres à son frère Théo, ont écrit de belles choses qui nous aident à comprendre cet art et cette recherche quasi mystique.

La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j’ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions.
Et inertes.
Comme sous le terrible coup de boutoir de cette force d’inertie dont tout le monde parle à mots couverts, et qui n’est jamais devenue si obscure que depuis que toute la terre et la vie présente se sont mêlées de l’élucider.
Or, c’est de son coup de massue, vraiment de son coup de massue que Van Gogh ne cesse de frapper toutes les formes de la nature et les objets.
Cardés par le clou de Van Gogh,
les paysages montrent leur chair hostile,
la hargne de leurs replis éventrés,
que l’on ne sait quelle force étrange est, d’autre part, en train de métamorphoser. [...]
Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,
alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.
En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.
Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.
Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société, 1947

Route

Et Van Gogh lui-même :

Qu’est-ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur, sachant qu’il ne sert à rien d’y frapper fort ? A mon avis on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience.
Lettre de Vincent à Théo, 22 octobre 1882

Ciel étoilé

Café

J’ai essayé d’exprimer les terribles passions de l’humanité au moyen du rouge et du vert.
Lettre de Vincent à Théo, 8 septembre 1888

Café

Dans mon tableau Le Café la nuit j’ai cherché à exprimer l’idée que le café est un endroit où l’on peut se ruiner, devenir fou, commettre des crimes. Alors j’ai cherché, par des contrastes de rose tendre et de rouge sang, de doux vert Louis XV et Véronèse, contrastant avec les jaune et les vert-bleu durs, tout cela dans une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à exprimer comme la puissance des ténèbres d’un assommoir.
Et en même temps, avec un apparence de gaieté japonaise et la bonhomie du Tartarin…
Lettre de Vincent à Théo, 9 septembre 1888

Souliers

Un héritier de ce mouvement expressionniste est l'américain Jackson Pollock, qui dans les années 1950 inventa une nouvelle technique, le dripping, qui consiste à projeter la peinture sur la toile sans que le pinceau ne la touche. Ainsi le résultat traduit directement et exactement le mouvement de l'artiste ; on parle d'ailleurs d'action painting. Voici le résultat :

Pollock

Et voici l'artiste en action :

Pollock en action

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