Cours de philosophie

Programme de terminale

L'inconscient

Que retenir de l'inconscient ?

L'inconscient de la psychanalyse

On pense tout de suite à l'inconscient freudien. De quoi s'agit-il ? Tout simplement de désirs refoulés. Ce sont des désirs, généralement sexuels, qui ne sont pas acceptables socialement ou moralement. Alors notre conscience les censure et les refoule. Mais ce qui est refoulé ressurgit toujours d'une manière ou d'une autre (c'est le retour du refoulé) et se manifeste par des symptômes, voire des troubles plus ou moins graves. Cela va du rêve (expression de nos désirs inconscients) à la névrose en passant par le lapsus ou l'acte manqué (oubli, etc.).

Cet inconscient, Freud l'appelle le ça. C'est un inconscient dynamique car il est actif. Il s'oppose au surmoi, qui représente les interdits sociaux (le père intériorisé, en quelque sorte) et au moi, qui fait l'intermédiaire entre les deux.

Plus précisément, selon Freud nous refoulons nos désirs d'enfants. Par exemple tout garçon désire un jour tuer son père et épouser sa mère. C'est le triangle d'Œdipe. Si tout se passe bien, le petit garçon renonce à ces désirs socialement inacceptables, et reporte son amour pour sa mère vers les autres femmes, parvenant ainsi à une sexualité normale.

Autre exemple : la pulsion buccale (de la bouche) qui nous pousse à manger des bonbons, boire des bières, fumer des cigarettes, etc., serait une tentative de retrouver la jouissance originaire que nous avons connu, nouveau-né, lorsque nous tétions le sein maternel.

De manière plus générale, si tout désir ne vise pas un objet réel, mais cherche seulement à retrouver une jouissance originaire, alors cela signifie que nous sommes condamnés à une frustration perpétuelle !

D'ailleurs Freud va encore plus loin dans cette voie en supposant l'existence d'une pulsion de mort dont je vous parle sur cette page.

Critiques de l'inconscient

De nombreux auteurs ont critiqué la notion freudienne d'inconscient.

Selon Karl Popper, cette hypothèse ne serait pas scientifique car non réfutable (elle n'est pas assez précise pour s'exposer à la réfutation par l'expérience). Et toute la psychanalyse n'est qu'une pseudo-science, comme le marxisme, le darwinisme et l'astrologie.

Selon Alain, il faut faire attention au concept d'inconscient, qui pourrait avoir des conséquences morales fâcheuses si l'on s'imagine qu'il nous déresponsabilise. Cf. le célèbre texte d'Alain.

De même, Sartre considère que l'hypothèse de l'inconscient relève de la mauvaise foi, qui nous cherche des excuses, comme quand on dit « C'est plus fort que moi ». Par cette phrase anodine, on fait référence à la psychanalyse : on dit que le « ça » est plus fort que le moi. Ce qui est une manière parmi d'autres de ne pas assumer notre liberté et notre responsabilités, qui sont absolues.
Sartre ajoute cette remarque subtile : il y a un paradoxe logique dans l'idée d'un inconscient refoulé : pour refouler quelque chose, il faut savoir ce dont il s'agit. Pour censurer un désir la conscience doit non seulement le connaître mais en plus savoir qu'il est interdit. L'inconscient n'est donc rien d'autre que de la mauvaise foi. En réalité il n'y a pas d'inconscient, nous savons très bien ce que nous refoulons.

Les autres formes d'inconscient

Il ne faut pas oublier qu'il y a d'autres formes d'inconscient.

L'inconscient fonctionnel, ou arrière-plan, désigne l'ensemble des facultés inconscientes qui nous permettent d'agir et de penser. Par exemple, la maîtrise d'une langue étrangère est stockée dans l'inconscient. Ou encore un pianiste qui discute en jouant fait appel à son inconscient. Ici l'inconscient est automatisme : toutes les activités qui deviennent automatiques tombent dans l'inconscient afin de libérer la conscience pour de nouvelles tâches.

L'inconscient social est extrêmement important. Il correspond à tout ce qui, en nous, est déterminé inconsciemment par la société. Cela va de notre manière de nous tenir et de parler (ce que Bourdieu appelle l'habitus) à notre pensée elle-même, fruit de notre éducation et de notre milieu. Ainsi selon Marx « ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, mais au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience ». Sa théorie, plus généralement, est que dans une société l'infrastructure (l'état matériel, technologique, de cette société) détermine la superstructure (l'ensemble des idées et des représentations conscientes : loi, religion, philosophie, art, etc. : en un mot, l'idéologie).

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