Cours de philosophie

Programme de terminale

Maurits Cornelis Escher (1898-1972)

M. C. Escher est un graveur néerlandais dont les œuvres sont souvent très philosophiques. En cela on peut d'ailleurs le rapprocher de Magritte.

En particulier, de nombreuses gravures d'Escher présentent des objets impossibles ; or on remarque que ces paradoxes visuels reposent généralement sur une forme de circularité, exactement comme les paradoxes logiques (ex : paradoxe du menteur, paradoxe des deux phrases auto-référentielles).

D'autres dessins attirent notre attention sur l'union étroite entre le fond et la forme : en effet dans ces images le fond et la forme peuvent être intervertis. Ceci se rattache à l'analyse philosophique de la conscience : l'être ne peut apparaître que sur fond de non-être, de néant. Pas de premier plan sans arrière-plan. De sorte que le néant est un être pour la conscience : le fond est aussi une forme.

Pour plus d'informations sur Escher, vous pouvez consulter la page Wikipédia qui lui est consacrée.

Pour une analyse de son œuvre, il faut lire le merveilleux livre de Douglas Hofstadter : Gödel, Escher, Bach, qui étudie les analogies entre la logique (Kurt Gödel), le dessin (Escher) et la musique (Bach). Cf. cette page Wikipédia (en anglais). C'est ce livre qui m'a tout appris à ce sujet !

Table des matières

Paradoxes et circularité

Voici sans doute le paradoxe logique le plus célèbre :

Je mens.

Cette phrase est-elle vraie ou fausse ? Si elle est vraie, celui qui parle ment. Donc ce qu'il dit est faux, donc la phrase est fausse. Mais si elle est fausse, alors il ne ment pas, donc la phrase est vraie.
Conclusion : si la phrase est vraie, elle est fausse, mais si elle est fausse, elle est vraie !
Donc elle ne peut être ni vraie ni fausse. Le principe du tiers exclu (toute proposition A est vraie ou fausse) est donc violé.

Si on y réfléchit deux minutes, on se rend compte que le paradoxe repose sur l'autoréférence : c'est parce que la phrase parle d'elle-même qu'il y a un paradoxe. (Certes, la phrase « Je dis la vérité » est autoréférentielle mais pas paradoxale : l'autoréférence n'entraîne pas automatiquement un paradoxe logique.)
Or l'autoréférence est une forme de circularité. C'est encore plus clair dans l'exemple suivant :

La phrase suivante est vraie.
La phrase précédente est fausse.

Si la première phrase est vraie, alors la deuxième aussi, donc la première est fausse. Mais si la première phrase est fausse, alors la deuxième n'est pas vraie, donc fausse, donc la première est vraie ! Ici encore la vérité de ces deux propositions est indécidable. Et ici encore ce paradoxe repose sur une forme d'autoréférence, c'est-à-dire de circularité. Les cercles sont souvent vicieux, c'est bien connu.

Après cette introduction logique, voici maintenant la transposition dans le domaine visuel ! Les illustrations qui suivent représentent des paradoxes visuels (objets ou situations impossibles), et on remarque que là aussi le paradoxe naît d'une forme de circularité.

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Le fond et la forme

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Etc.

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